Maladie de Sever (apophysite calcanéenne) : causes, symptômes et traitements
La maladie de Sever, ou apophysite calcanéenne, est une cause fréquente de douleur au talon chez l’enfant en période de croissance (en général entre 8 et 15 ans). Elle correspond à une irritation du cartilage de croissance situé à l’arrière du calcanéum. Elle touche surtout les enfants et ados qui pratiquent des sports avec course, sauts et changements d’appuis.
Qu’est-ce que la maladie de Sever ?
Il s’agit d’une inflammation mécanique du noyau d’ossification du talon provoquée par des tractions répétées du tendon d’Achille et des impacts au sol. C’est une pathologie bénigne et transitoire qui disparaît avec la fin de la croissance.
Causes et facteurs favorisants
- Pic de croissance : les os grandissent plus vite que les muscles et tendons, augmentant les tensions.
- Pratique sportive intensive : football, basket, athlétisme, gymnastique, handball…
- Chaussures inadaptées : amorti insuffisant, semelles trop rigides.
- Morphologie du pied : pieds plats ou pieds creux.
- Surpoids ou reprise d’activité trop brutale.
- Surfaces dures d’entraînement (bitume, gymnase).
Symptômes
- Douleur au talon (souvent des deux côtés), majorée à la course et aux sauts, soulagée par le repos.
- Sensibilité à la pression sur l’arrière et les bords du talon.
- Boiterie ou marche sur l’avant-pied pour éviter l’appui talonnier.
- Raideur et traction douloureuse du tendon d’Achille (tests d’étirement gastrocnémien/soléaire positifs).
Diagnostic
Le diagnostic est clinique (interrogatoire + examen). Les examens d’imagerie (radios) sont rarement nécessaires, seulement pour écarter une autre cause (fracture, infection, tumeur) en cas de doute, d’asymétrie marquée ou d’évolution atypique.
Traitement : que faire ?
Objectifs : diminuer la douleur, réduire les contraintes sur le talon et permettre une poursuite d’activité adaptée.
1) Adapter l’activité
- Réduire temporairement les impacts (course, sauts, fractionné).
- Privilégier des sports portés (vélo, natation) le temps de la poussée douloureuse.
- Reprise progressive selon la douleur (règle : douleur ≤ 3/10 pendant, et retour à la normale en < 24 h).
2) Mesures antalgiques et auto-soins
- Glace 10–15 min après l’effort, 1–3 fois/jour lors des poussées.
- Étirements doux quotidiens des mollets (gastrocnémien/soléaire), sans forcer sur la douleur.
- Renforcement progressif du mollet et des muscles du pied (ex. montées sur demi-pointes contrôlées).
3) Chaussures et semelles
- Chaussures de sport avec bon amorti, talonnettes en EVA si besoin.
- En cas de troubles d’appui, envisager des orthèses plantaires (semelles) pour répartir les pressions et limiter les tractions.
4) Médicaments
- Antalgiques si nécessaire (suivre l’avis médical).
- Anti-inflammatoires sur courte durée uniquement si indiqués par le médecin.
Prévention
- Progressivité des charges d’entraînement, éviter les pics soudains.
- Échauffement systématique et étirements post-séance.
- Chaussures adaptées au sport, renouvelées régulièrement.
- Varier les surfaces, alterner les activités pour limiter les impacts répétés.
Pronostic
Le pronostic est excellent. La maladie évolue par poussées sur quelques semaines à quelques mois et disparaît avec la fin de la croissance. Une prise en charge adaptée permet de continuer le sport avec des aménagements.
FAQ
La maladie de Sever est-elle grave ?
Non. Elle est douloureuse mais bénigne et transitoire ; elle se résout avec la fin de la croissance.
Peut-on continuer le sport ?
Oui, en adaptant les charges : réduire les impacts, privilégier vélo/natation et reprendre progressivement selon la douleur.
Les semelles orthopédiques sont-elles utiles ?
Oui si des troubles d’appui ou un amorti insuffisant entretiennent la douleur ; elles aident à réduire les contraintes sur le talon.
Combien de temps ça dure ?
De quelques semaines à plusieurs mois, avec des périodes d’accalmie et de reprise. La douleur disparaît avec la maturation du cartilage de croissance.
Quand consulter ?
Si la douleur est intense, nocturne, unilatérale persistante, s’accompagne de fièvre, d’un traumatisme récent, ou si elle ne s’améliore pas malgré les mesures adaptées.




